14- Vacances dans le Sud !
  

14- Vacances dans le Sud !

Te Anau, Nouvelle-Zélande le 03/11/2013

 

Bonjour à tous !

 

Par ce récit je vais vous faire partager nos vacances dans nos grandes vacances de 10 mois !!! Les gens pressés, ou qui n’aiment pas la poésie, pourront aller à la fin voir le résumé factuel, comme d’hab, pour les autres, bonne lecture !

 

Le printemps s’était installé dans la Nature et nous a donné envie de bouger voir le Sud de l’île du sud en attendant la réponse de l’immigration. Un re-coup de froid nous a fait retarder notre départ de quelques jours ce qui ne nous a pas mis à l’abri d’évènements inattendus ! Bon déjà, quand on part, il pleut et il fait toujours froid. Alors on s’arrête à la piscine de Cromwell, qui n’est qu’à 35 kms de notre base pour une relaxation dans les bains chauds, c’est délicieux ! Puis on reprend la route au chaud et au sec dans notre maison, direction Queenstown. Heureusement que l’on connaissait déjà, car vu la pluie drue, on ne voyait pas l’autre berge du lac !!! Au bout du lac, on s’engage sur une grande plaine un peu en altitude et au fur et à mesure la pluie s’est transformée … en neige ! Il n’y avait pas grand monde sur la route vu les conditions météo et on double au milieu de nulle part un gars en vélo qui nous fait de grands signes. On recueille dans le bus un Italien transformé en esquimau avec des sacs plastiques poubelle sur les chaussures qui avaient largement dépassé leur possibilité de protection ! Un thé chaud et du chocolat pour tout le monde et c’est reparti. Là ce n’était plus de la neige qui tombait du ciel mais des flocons gros comme des pizzas, normal vous me direz, on avait un Italien à bord ! Les reliefs se sont blanchis, puis le dos des moutons avec leur laine épaisse… puis la route… Ca commençait bien les vacances !!!! Par contre pour la vue, c’était juste magique… Dans l’après midi, ça s’est un peu calmé, et un soleil clandestin a passé quelques rayons à travers les nuages illuminant d’un coup de baguette magique une partie du tableau de ce paysage toujours en mouvement. Merci ! On est arrivés avant la nuit à Te Anau, dernier village avant les Fiords.

Le lendemain à midi on embarquait pour une croisière de 24h dans les Doubtful Sound sur les conseils de Sarah et Baptiste, deux français rencontrés à Wanaka. On n’a pas étés déçus ! Le grand luxe, aussi bien pour les paysages que pour le service d’hôtellerie !!! D’abord un gros cata hyper rapide pour traverser le lac de Manapouri, et même si il y a « pourri » dans son nom, il déchire grave le lac ! Une eau pure entourée de montagnes assez hautes blanchies et illuminées de quelques rayons… À l’autre bout du lac, une énorme centrale électrique, la plus grosse du pays, pas très esthétique certes, construite au milieu du siècle dernier, produit 17% de l’électricité du pays. Elle transforme la différence de hauteur du lac par rapport à la mer (180m) en énergie grâce à deux tunnels de 30kms creusés dans la montagne. Un truc de fous ! Nathan aurait été aux anges ! Mais nous ne l’avons pas visitée, c’était pas prévu dans le tour ! Après, un bus nous transporte sur une gravel road, esseulée, non reliée au reste du réseau routier, à travers la Rainforest. Un joli sobriquet anglais pour qualifier cette foret native où il pleut très très souvent (rain= pluie…). Oui, sauf que là, ce n’était pas de la pluie qui était tombée du ciel mais de la neige… Imaginez les arbres tortueux, centenaires ou multi centenaires recouverts de mousse et de lichens verts, habillés d’un manteau blanc, celui épais et collant de la neige de printemps… Féerique… Et en partie dans le brouillard, ce qui en accentuait le coté fantastique !!! Avec le bus on passe le col pour redescendre vers le fiord long de plus de 30kms. Et c’est là que l’on découvre notre bateau ! Un trois mat (qui n’a pas sorti les voiles, c’était juste pour le fun), luxueux et intelligemment aménagé. On avait une couchette de 4 en fond de calle et on était comme des enfants en colonie de vacances là dedans ! La longue glissade vers la mer a commencé au milieu de cette végétation parfaitement vierge ; les cascades n’étaient pas énormes à cause de la neige qui tenait dès 400m mais cela donnait une intensité lumineuse particulière malgré le temps dans l’ensemble assez couvert. Dans l’après midi une « activité » en mer était prévue, soit kayac soit petit hors bord à moteur de 20 personnes ; le kayac en moufles et doudoune ça ne nous branchait pas trop, alors on a pris l’option cours d’anglais sur les arbres et les oiseaux dans le petit bateau !!! On a aussi compris que le premier mètre d’eau en surface est douce et assez noire, vu l’abondance des pluies et qu’il ne se mélange pas avec l’eau de mer salée en dessous ; quand à la faune marine elle est peu abondante et est proche de celle des grandes profondeurs due au peu de lumière qui traverse la couche d’eau trouble. C’était Carole qui conduisait, une femme d’une cinquantaine d’années, complètement amoureuse de l’endroit qui habite à 100m du camping où on s’est posés à Luggate. Je ne sais pas encore la signification de cette coïncidence, mais en tous cas cela m’a donné envie de bosser sur ce bateau en autarcie une semaine complète, cela m’a rappelé le bonheur de l’isolement des refuges, sauf que là c’est sur l’eau !

Pendant cette petite ballade, une belle averse de pluie nous a accompagné, mais ils avaient prévu des bâches ! Et de retour sur le « gros » bateau le soleil est revenu pour un magnifique arc en ciel ! À l’intérieur ils nous ont servi une soupe et du pain maison que même moi je ne fais pas mieux … Et à mesure que l’on s’approchait de la pleine mer, les nuages se faisaient plus rares, chassés par le vent, le soleil avait bien avancé sa descente sur l’horizon et la houle grossissait ; ça tanguait sérieux sur le pont ! Renversant, magique et lumineux ce bout du monde… A noter les phoques impassibles sur un éperon rocheux et l’arche multicolore et immatérielle (encore un arc en ciel quoi !) au fond du fiord. On retrouve le calme des eaux intérieures, quelques dauphins nous suivent et jouent avec l’écume du bateau… Alors on interrompt notre somptueux dîner gargantuesque pour aller sur le pont. C’est vraiment chouette ! Le bateau s’arrête au fond d’un bras de mer complètement perdu, la lune se reflète dans une eau d’huile, le silence prend possession de l’endroit… Pour une nuit remplie de rêves. Le lendemain la pluie et son plafond gris de nuages bas s’est invité, je crois qu’ils n’avaient même pas payé pour la croisière… On voit encore quelques dauphins et des pingouins sur les berges. Puis au fond d’un autre bras de mer, le bateau et les hommes s’arrêtent pour « le monde du silence », 15 min d’une délicieuse méditation que chacun vit à sa façon…

On a retrouvé le bus pour monter dans la vallée des Milford, pas jusqu’au bout car une avalanche avait coupé la route ! Le temps est très très humide, nos ballades seront courtes mais la présence des montagnes sera intense, cela ressemble beaucoup à nos chères Alpes… La dernière nuit, on a eu un orage d’une puissance impressionnante qui nous a réveillé la nuit pour vivre ce moment derrière les fenêtres de notre couchette. On n’avait pas vu grand sommet de cette vallée mais au bout de deux jours on est partis car on en avait marre de la pluie (270 j de pluie par an…).

Il pleut, allons à la bibliothèque de Te Anau se connecter (gratuitement…) à internet… Là non plus on n’a pas étés déçus…. Réponse de l’immigration que l’on n’attendait pas avant 15 jours : il nous faut encore leur fournir 2 de papiers administratifs avec traduction officielle, refaire notre « business plan », redéfinir notre « significant benefit to NZ » (sous entendu notre « business » ne va pas créer des emplois) et la cerise sur le gâteau qui n’est pas vraiment une surprise, Jean doit passer l’examen d’anglais…. Et bien moi, cela m’a minée pendant plus de 48h, le mental ayant repris le dessus pour ne pas accepter ce qui est… Mais si on regarde bien, leurs requêtes sont justifiées… Après, à savoir si le gouvernement de droite en place depuis 2 ans, préfère voir immigrer de riches Chinois qui rachètent leurs entreprises et emploient 10 personnes ou un couple d’européens dynamiques et pas cons, on n’y peut rien ! Encore une fois, c’est la Nature qui m’a sortie de ma soumission au mental lorsque, au coucher du soleil des pingouins aux yeux jaunes sont sortis de l’eau avec leur démarche pataude, le ventre rempli de poissons pour aller nourrir leurs petits restées dans les nids sur terre. Et en plus ils chantaient pour annoncer leur venue, le bec dirigé vers le ciel… Et j’ai enfin réintégré le moment présent ! C’était à Curio Bay, une espèce de pingouins rares, sur un sol pour le moins insolite (deux régions dans le monde seulement) : une foret pétrifiée de 170 000 millions d’années… Le tronc des arbres avec le dessin soigné de leurs nervures transformé en pierre, ça envoie ! Puis la pluie ne nous a pas quitté pour la traversée des Catlins, on a vu un phoque mouillé à Cannibal bay, et les cascades dans la foret on ne s’est pas arrêtés pour aller les voir, il y en avait déjà qui tombaient du ciel ! Tout ça pour arriver à Dunedin, « grosse » ville de la cote Est, encore très humaine, étudiante et fleurie pour gérer les visas. Jean a découvert les rhododendrons et s’est inscrit à la Fac (hyper class mais c’est con on n’a pas pris de photos) pour l’IELTS le 9 novembre.

Depuis on est rentrés dans nos quartiers à Wanaka, le beau temps est aussi revenu (je crois qu’il n’a plu que pendant que l’on n’était pas là, un signe ? ) . Jean prend des cours d’anglais avec un voisin du camping, moi je lui donne des cours de français en échange parce qu’il adoooooore la France ! On essaye de réunir les infos requises pour le visa, on ne sait pas la date de la réponse ni à quelle sauce on va être mangés, mais nous ne sommes pas inquiet, nous faisons confiance à notre destin et si notre place n’est pas ici, on rentrera probablement en France pour d’autres aventures encore meilleures !

            Ce w/end on a dépanné des connaissances en s’occupant de leur propriété, cad arroser le jardin, nourrir les animaux (deux chiens, un chat, 15 poules et un cheval). On a bien rigolé ; Jean a couru après les poules qui étaient sorties du poulailler, les deux chiens se sont enfuis une journée entière (mais comme ils sont heureusement revenus on a rien dit, chut !) et la jument plus toute jeune avec du poil au menton avait un espèce de furoncle qui coulait sur le museau qui nous a laissé septiques le premier jour… Moi je n’ai pas osé mettre la main sous le cul des poules pour chopper les œufs, cela a fait bien rire la proprio à son retour ! Mais au moins maintenant je sais ! Et aussi que le QI d’une poule rivalise avec celui du mouton… Ou alors c’est qu‘elles font comme les Humains, qu’elles n’utilisent pas toute leur intelligence…

 

Résumé :

Il a beaucoup plu.

On a fait une croisière luxueuse dans les fiords.

On a vu dauphins, pingouins, phoques.

Réponse provisoire de l’immigration : on doit revoir notre copie, on ne sait pas quand on aura la réponse ni à quelle sauce on va être mangés. Si bien on débarque en France plus tôt que prévu pour de nouvelles aventures !!!

 

Des photos courant de la semaine, promis, mais là je n’ai plus le temps et peut etre que vous non plus !!!

 

On vous embrasse fort, et pensons particulièrement à toutes celles et ceux qui vivent des moments de changement difficile. Tenez bon l’avenir n’en sera que meilleur ;-)

 

Ann’So

 

Commentaires

 Emilienne
Je suis sans mot pour te remercier de ces extaordinaires moments magiques que tu nous partages . Continues de faire confiance ŕ la vie et dans les moments difficiles rappelles toi ces fabuleuses découvertes faites en couple .Bisous émerveillés ..



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